Infolettre SBM du 6 septembre 2020

Édition du 6 septembre 2020

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Les migrations automnales commencent. Il y a encore de belles observations à faire et les températures sont clémentes. Un bon temps pour apprendre à reconnaître les plumages d’automne des parulines.
Activités à venir – Inscription obligatoire
Les lieux de rendez-vous seront indiqués aux participants lors de la réservation
  Date
Heure
Activité
Responsable
6 septembre
8h00 Parc Angrignon Béatrice Bellocq
8 septembre
9h00 Jardin botanique de Montréal Béatrice Bellocq
9 septembre
9h00 St-Donat, PN du Mont-Tremblant* Pierre André
13 septembre
8h00 Sablière de Saint-Lazare Gaspard Tanguay-Labrosse
15 septembre
9h00 Jardin botanique de Montréal Béatrice Bellocq
20 septembre
8h00 Parc Jean-Drapeau Béatrice Bellocq
Pour plus de détails cliquez sur l’activité dans le tableau ou consultez le calendrier des activités.
Inscription par téléphone auprès du responsable dans les 4 jours précédant l’activité.
*La sortie du 9 septembre pourra être remise au lendemain en cas de pluie.
Les sorties sont en priorité pour les membres de la SBM. Pour l’instant il n’y a pas de covoiturage.
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Infolettre SBM du 24 août 2020

Édition du 24 août 2020

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Trucs jardin : Piège à limaces

Je ne sais pas si c’est la même chose pour vous mais moi j’ai beaucoup de limaces dernièrement qui dévastent mes plates-bandes. Pour contrer l’invasion j’utilise le piège suivant : un sous-plat en plastique pour les pots de plantes dans lequel je mets un peu de levure à pain et de l’eau. Irrésistible pour les limaces. Je dépose dans un coin du jardin le piège le soir et j’élimine le matin suivant les limaces qui s’y trouvent. Je sais, certains disent de mettre de la bière comme appât. Je préfète ma recette qui conserve ma bière que je peux boire en regardant mon jardin…

Luc Roseberry
Activités à venir – Inscription obligatoire
Les lieux de rendez-vous seront indiqués aux participants lors de la réservation
  Date
Heure
Activité
Responsable
25 août
9h00 Jardin botanique de Montréal Béatrice Bellocq
29 août
8h00 Pointe Yamachiche Gaspard Tanguay-Labrosse
1 septembre
9h00 Jardin botanique de Montréal Béatrice Bellocq
6 septembre
9h00 Parc Angrignon Béatrice Bellocq
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Se rapprocher de la nature

Je suis submergé par le flot des mauvaises nouvelles, les commentaires négatifs; toutes ces particules s’incrustent dans mes pensées, mes sentiments.

Je me prescris un bain dans la nature.

Dès les premiers pas, un bruant chanteur m’offre sa mélodie « tioui, tioui, tioui ». Peut-être me dit-il : « oui, oui, tu as bien fait de sortir ». Maintenant, c’est au tour du cardinal rouge vêtu de son beau complet «  tiouit, tiouit, tiouit ». Tiens, un chant que je reconnais, c’est celui du merle d’Amérique, il n’est pas loin, c’est certain. Le coquin, il était tout près dans l’érable. Il s’approche et voilà qu’il se dandine dans l’herbe, à la recherche d’un ver, son mets préféré.

Voici qu’un grand héron survole le fleuve, des battements d’ailes amples et lents. Il se dirige vers l’Île aux Hérons pour y rejoindre ses camarades. Une des plus vieilles héronnières du Québec. Samuel de Champlain est passé par là.

La vue du majestueux fleuve Saint-Laurent m’incite à prendre un siège, à observer, à écouter la musique de la nature : le chant des oiseaux, le rythme des rapides, le souffle du vent, tout un orchestre. Plusieurs compositeurs de musique classique se sont inspirés de la nature  « La Mer », de Claude Debussy, les « Quatre Saisons », de Vivaldi , etc.

J’entends, des « tchite », rapides et nombreux; des dizaines d’hirondelles bicolores virevoltent dans tous les sens en effleurant l’eau, un véritable ballet aérien. Comment font-elles pour ne pas entrer en collision? Je m’amuse à en suivre une, ah ! c’est raté, je recommence. Les hirondelles chassent les insectes au vol, elles peuvent en manger jusqu’à 3000 par jour.

En cette période de confinement, le contact avec ma famille et mes amis me manque. M’approcher de la nature me fait du bien. Un lien plus intime avec la nature permet de vivre en harmonie avec elle et, par conséquent, de la respecter. En parlant d’intimité, je fais un câlin à un arbre et je lui dis merci d’être là. Je mets mon oreille sur le tronc pour écouter le ruissellement de la sève. Ce liquide riche en nutriments permettra à l’arbre de se vêtir de ses plus beaux atours et ainsi offrir le gîte aux oiseaux.

Daniel Mercier

Annonce pour les 100 ans de la SBM

Oyé ! Oyé !
Il est déjà le temps de penser et planifier les festivités pour les 100 ans de la Société de biologie de Montréal (SBM), qui a été fondée le 16 février 1922 par le frère Marie-Victorin ainsi que des professeurs et docteurs émérites de l’université de Montréal.
La mission de la SBM a toujours été la vulgarisation des sciences biologiques. Bien qu’elle ait été à ses débuts une société fermée réservée à l’élite universitaire, elle se libéralise en 1964 et ouvre ses portes au grand public. Elle a laissé son empreinte et ouvert le chemin dans bien des domaines des sciences biologiques au Québec.
Vous pouvez lire un excellent article sur l’historique et les actions de la société de biologie de Montréal, écrit par M. André St-Arnaud, paru dans Histoire Québec, volume 21- numéro 3- 2016, page 9-10-11.
Pour souligner et fêter dignement ce grand évènement, les 100 ans de la SBM, nous avons pensé à créer un comité spécial pour les 100 ans de la SBM qui se réunira régulièrement dans le but de planifier et établir les différentes activités et festivités.
Si vous avez des idées, des suggestions ou êtes intéressé(e)s à vous impliquer dans ce comité spécial, envoyez un courriel à l’adresse suivante : 100ieme@sbmnature.org

Béatrice Bellocq
Présidente SBM

La circulation thermohaline des océans

L’eau douce est la plus dense à environ 4 degrés Celsius alors que la glace est moins dense. La résultante est que l’eau des lacs assez profonds est de 4 degrés au fond et que la glace, avec une densité inférieure à celle de l’eau liquide, flotte. Contrairement à l’eau douce, l’eau de mer voit sa densité affectée par sa température et par sa concentrations en sels divers (principalement des ions de chlore et de sodium). Plus l’eau de mer est chaude plus elle reste en surface, plus elle est chargée en sels plus elle s’enfonce. La concentration moyenne de l’eau de mer en sels est de 35 grammes par litre (principalement chlore et sodium). Par contre cette densité moyenne varie autour de la Terre et les différences de densité, due à l’évaporation ou aux apports d’eau douce (fleuves, pluie, fonte des glaciers) créent des déplacements des masses d’eau océanique appelés circulation thermohaline. Ces valeurs physiques (température et salinité) permettent d’identifier et de suivre des masses d’eau dans leur circuit circumterrestre. On estime qu’il faut entre 1000 et 1500 ans à une molécule d’eau pour faire un circuit complet.

La figure ci-dessus schématise une coupe d’ouest en est de la mer Méditerranée. L’évaporation (E) est plus grande que l’apport d’eau douce par les précipitation annuelles (P) et les apports (A) des fleuves qui s’y jettent. On peu observer un courant d’eau en surface venant de l’Atlantique qui vient combler le manque d’eau (E>P+A). Comme les sels ne s’évaporent la densité de l’eau de surface, tout comme sa température, augmente et cette eau plus dense, mais aussi plus chaude, coule au fond (D2) pour être remplacée en surface par l’eau de l’Atlantique (D1). On observe au fond du détroit de Gibraltar un courant d’eau de la Méditerranée, plus chaud et salé,  qui s’écoule dans l’Atlantique. Cette eau peut être suivie, par sa teneur en sels et sa température, sur plusieurs centaines de kilomètres au fond de l’Atlantique avant de se diluer.

Une animation de la circulation thermohaline, avec entre autres le Gulf Stream, peut être visionnée en cliquant le lien suivant : Circulation thermohaline.

Pour en savoir plus on peut consulter aussi la référence suivante (en français) : circulation océanique.

Dans une prochaine Capsule sciences nous aborderons les forces de Coriolis et pourquoi les courants marins tournent vers la droite dans l’hémisphère Nord.

La Voie lactée

Si vous vous êtes retrouvés à l’extérieur la nuit loin des sources lumineuses urbaines vous avez certainement remarqué la Voie lactée formant une bande lumineuse dans le ciel. Au fait, pourquoi « lactée » ? Pour cela il faut remonter à la Grèce antique qui lui donnait pour origine une giclée de lait du sein de la déesse Erra. Depuis nos connaissances se sont améliorées. La Voie lactée est en fait notre Galaxie (avec un G majuscule). Comme le Soleil (une des 100 à 200 milliards d’étoiles que compte la Galaxie) se situe en bordure de la Galaxie c’est celle-ci que l’on voit dans le ciel sous forme d’une bande blanchâtre due à l’accumulation de toutes ces étoiles indistinguables à l’oeil nu.
Jusque dans les années 1920 on croyait que l’Univers ne comptait qu’une seule galaxie. C’est l’astronome Edwin Hubble qui alors démontra que notre Galaxie n’en est qu’une parmi une multitude. On estime qu’il y a entre 100 et 200 milliards de galaxies dans notre univers visible.

Notre Galaxie se présente comme une spirale formée de deux bras enroulés et aplatis vers l’extérieur autour d’un centre plus globuleux. Il faut un peu plus de 80 000 ans à la lumière pour aller d’un bout à l’autre de son grand axe. La galaxie la plus proche de la nôtre, le Grand Nuage de Magellan, se trouve à 170 000 années-lumières. Une année-lumière n’est pas une durée mais la distance parcourue par la lumière dans le vide en un an terrestre (environ 9 500 milliards de kilomètres, c’est pas la porte à côté). Par comparaison il faut 8 minutes à la lumière du soleil pour parvenir à la Terre (146,9 millions de kilomètres) et la Lune est à 1,25 seconde-lumière de la Terre. Si vous allez vers l’étoile la plus proche du Soleil à la vitesse de 100000 km/h (suffisante pour faire le tour de la Terre en 24 minutes) il vous faudrait environ 31 000 ans. Aussi bien apporter quelques bons livres pour passer le temps.

Depuis les Grecs qu’avons nous appris par rapport à notre Galaxie et l’Univers ? Que plusieurs types de galaxies existent (spirales, sphériques, irrégulières) et qu’il existe des amas et des super-amas de galaxies. Que le centre des galaxies recèle un trou noir massif. Que l’Univers est en expansion (il y a de plus en plus d’espace entre les galaxies), qu’il a environ 13,8 milliards d’années d’existence, qu’il comprend 5% de matière ordinaire (qui nous compose nous, nos objects, les planètes, les étoiles, etc.) de 27% de matière noire (elle n’émet ni n’absorbe aucun rayonnement, d’où son qualificatif de « noire » mais exerce un effet gravitationnel sur les galaxies) et de 68% d’énergie sombre (encore mal définie elle influencerait l’expansion de l’Univers, une sorte de force de répulsion).

Difficile de résumer en quelques paragraphes l’astronomie, l’astrophysique et la physique moderne (et je n’ai même pas mentionné Einstein et la Relativité) et toutes les notions scientifiques qu’on y retrouve mais on peut s’émerveiller des progrès parcourus depuis les grecs anciens sur le chemin de la connaissance et notre compréhension de notre Univers. Pour terminer le mot univers est composé du latin uni (« un ») et versum (tourner) ce qui nous pourrait se traduire par « un seul tout » et pourtant les astrophysiciens parlent maintenant de multivers ou plusieurs univers, de quoi donner le tournis…

Morphologie cardiaque comparée

Chez les animaux avec un squelette interne (les vertébrés) le coeur se divise en oreillette (où le sang arrive) et en ventricule (d’où le sang part). Le coeur des poissons n’a qu’une oreillette et qu’un seul ventricule (voir les figures ci-bas). Le coeur des amphibiens compte deux oreillettes mais un seul ventricule. Chez ces derniers le sang désoxygéné se mélange donc au sang oxygéné. Celui des reptiles, les oiseaux sont issus de la lignée des dinosaures téropodes, a deux oreillettes et un seul ventricule comme chez les amphibiens mais deux crosses aortiques, une gauche et une vers la droite, sortant du ventricule. Le coeur des oiseaux possède deux oreillettes et deux ventricules et une seule aorte qui part du ventricule gauche pour apporter le sang oxygéné vers les organes comme celui des mammifères. Cependant chez les oiseaux c’est la crosse aortique droite qui est conservée alors que c’est la gauche chez les mammifères.

Le coeur des oiseaux est très volumineux par rapport à la taille. Celui du colibri peut représenter jusqu’à 2,4% de la masse corporelle contre environ 0,43% chez les humains.

Le rythme cardiaque des oiseaux varie entre 95 pulsations/minute (par exemple chez le dindon) à près de 1 200 pulsations/minute chez le colibri en vol. Pour ce qui est des mammifères le rythme varie de neuf battements par minute chez la baleine grise à 600 pulsations/minutes chez la musaraigne. Chez l’humain le rythme cardiaque varie généralement entre 50 et 80 pulsations/minute au repos. Par contre l’exercice permet d’abaisser le rythme cardiaque au repos. Par exemple certains cyclistes professionnels ont un rythme cardiaque pendant le sommeil de 30 battements/minute.

Le premier groupe de figures qui suit montre de façon schématique, la circulation sanguine chez différents groupes de vertébrés. Le sang se libère du CO2 et se charge d’oxygène dans les branchies (poissons) ou les poumons (autres groupes). Le contraire se produit dans les différents tissus et organes.

O : Oreillette
V : ventricule
A : Aorte (g gauche, d droite)

Le deuxième groupe de figures montre des coupes schématisées du coeur, vu de face, de différents vertébrés.

 —-> Flux sanguin —->

Les valvules entre l’oreillette et le ventricule (sauf chez le poisson) force le sang du ventricule à sortir par l’aorte pulmonaire (ventricule droit) ou systémique (ventricule gauche).

Bien entendu la Nature offre plus de diversité que ce qui est brièvement présenté ici. Par exemple les crocodiliens (qui font partie des reptiles) ont un coeur bien séparé en quatre parties (2 oreillettes et 2 ventricules) semblable à celui des mammifères.

Pour en savoir plus consulter les liens suivants :

(Texte et illustrations Luc Roseberry)

La classification scientifique

La classification scientifique des espèces correspond aussi bien à la systématique (méthode pour classer le vivant) qu’à la taxonomie (la classification qui résulte de la systématique).
Vers 1735 Linné a mis en place la classification classique encore utilisée aujourd’hui. Elle est basée sur le regroupement suivant : Règne, Embranchement, Classe, Ordre, Famille, Genre et Espèce auquel s’ajoute parfois la Race (ou cultivar pour les plantes). Pensez à « RECOFGER » pour le retenir.
Pour l’Homme cela donne : Règne animal → Embranchement des vertébrés → Classe des mammifères → Ordre des primates → Famille des hominidés → Genre Homo → espèce Homo sapiens.
Le nom d’espèce, généralement écrit en italique, est en latin et composé de deux termes (un binôme) soit le nom du genre (avec une majuscule) et de l’espèce proprement dite (sans majuscule).
L’avantage de la classification scientifique est quelle varie peu au niveau de l’espèce (on ne peut pas en dire autant du nom vernaculaire) et qu’elle est reconnue partout. Par contre il est plus facile de parler du merle d’Amérique (nom vernaculaire en français) que du Turdus migratorius (nom scientifique) mais un anglophone saura que le nom scientifique correspond à son « American robin » et un hispanophone saura que l’on parle de « mirlo primavera ».
Vous voulez en savoir plus visitez Taxonomie sur le site de la SBM.

(Luc Roseberry)

Fin de semaine à La Huardière, août 2018

Fin de semaine à La Huardière : Le Centre écologique de l’UQAM
par Jocelyne Camirand

En ce beau vendredi d’un été caniculaire, nous sommes 18 membres de la SBM à débarquer à l’auberge La huardière pour la fin de semaine du 3 au 5 août. L’auberge, située près de Saint-Michel-des-Saints, n’est pas un gîte comme les autres ; c’est le Centre écologique de l’UQAM offrant diverses activités pédagogiques et cours sur le terrain à ses étudiants. À l’arrivée, nous sommes séduits par la beauté du site : un grand lac, le lac Lusignan, parsemé d’îlets et entouré de montagnes, une nature sauvage, quelques chalets à peine visibles.
Notre hôte nous y attend déjà, c’est Daniel Rivest du département des Sciences biologiques de l’UQAM et aussi membre de la SBM. Pour ce séjour, Daniel nous a préparé tout un menu d’activités : des excursions de botanique, d’ornithologie, bien sûr. Mais en plus, il nous offre de nous initier à quelques-unes des formations qu’il donne habituellement aux étudiants. Ce sera pour nous une expérience unique : participer à des ateliers de niveau universitaire (une version allégée, bien sûr) dans un site enchanteur, avec un accès aux laboratoires bien équipés.
Voici quelques souvenirs de cette superbe fin de semaine qui nous a permis d’apprendre et de partager nos passions pour différents aspects de la nature.

Les deux pieds dans l’eau, une initiation à l’écologie de ce beau lac

Dans un premier atelier, Daniel nous a expliqué les relations entre ce beau lac et son environnement. Comment, par exemple, la couleur sombre et la qualité de son eau sont liées à la qualité du sol de son bassin versant, à la présence des conifères, au type de roches des montagnes environnantes, aux précipitations acides, aux polluants, etc. Daniel nous en a fait un récit accessible et fascinant tout en nous transmettant une information scientifique : nous savons désormais ce qu’est un bassin versant et même comment on le mesure ! En l’espace de moins d’une heure nous nous sommes transformés en étudiants attentifs et curieux !
Pour la partie pratique de l’atelier, chacun a mis des cuissardes, de grandes bottes montant jusqu’à la poitrine. Mission : récolter des échantillons au bord de l’eau. Évidemment en soi, c’était une partie de plaisir de marcher avec de telles bottes ! Et avec nos instruments scientifiques dont les filets nommés « kick », de recueillir un peu de tout au gré de nos envies. À cette étape, je n’imaginais pas les trésors que renfermaient nos épuisettes (larves d’insectes aquatiques, zooplancton, phytoplancton, benthos).

La beauté des micro-organismes

De retour au labo, j’ai découvert la beauté des micro-organismes que nous avions récoltés. Une révélation pour moi. Grâce à la loupe binoculaire, j’ai pu voir ces organismes invisibles à l’œil nu : les organes orange d’un zooplancton transparent et ses longues antennes (un copépode) ; un autre avec un saphir unique en guise d’œil (le bien nommé cyclope). Que de beauté dans une seule goutte d’eau !

Nous avons aussi fait un test de laboratoire : comparer l’alcalinité de l’eau du lac à celle de Montréal. Amusant et instructif. En amateur, notre petite équipe a un peu mélangé les échantillons… et notre expérience a été un fiasco ! Mais nous avons compris que la science, c’est rigoureux !

En cuissardes à La Huardière pour échantillonner.

Des sentiers aux binoculaires : atelier botanique

La sortie de botanique aux alentours du centre s’est aussi terminée au laboratoire. Elle était dirigée par Liliane et Claire de la SBM. Pour nous Montréalais, les environs offraient des milieux différents : une forêt où dominent les conifères, la sapinière à Bouleaux blancs avec des parcelles de coupe forestière, d’autres en régénération, le milieu aquatique, le rivage. Différentes plantes aquatiques, de rivage, forestières ou de bord de chemin ont pu être observées, mentionnons : la Lobélie de Dortmann, le Faux-nymphéa à feuilles cordées, la Dièreville chèvrefeuille, l’Épinette noire et l’Érable à épis. Les listes complètes des observations pour la botanique et l’ornithologie sont disponibles sur le site internet de la SBM.
Pour certains d’entre nous, le coup de cœur de cette fin de semaine aura été d’observer aux binoculaires la beauté des lichens magnifiés ou les sores, fructification des fougères.

Mieux comprendre la forêt

C’est aussi en pleine nature que Daniel nous a amenés pour un second atelier, portant sur la microbiologie environnementale. Son but : nous initier aux relations existant dans l’écosystème et au rôle des micro-organismes. La décomposition de la matière organique (d’une feuille dans la forêt, par exemple) illustre bien ce processus et l’importance des micro-organismes qui décomposent et créent des nutriments utiles à tout l’écosystème, dont l’humain. L’excursion nous a permis de comprendre différents types de relations : relation de symbiose, par exemple entre les racines des arbres et les mycorhizes (ou les rhizobiums avec les légumineuses, ou encore les frankia fixés aux racines de certains arbustes) ; et le parasitisme (ex. : les parasites des arbres, les « balais de sorcières »). Nous avons senti l’odeur de la terre (petrichor), discuté du mycélium des champignons, observé des lichens et prélevé des échantillons dans la mousse de sphaigne. C’est de retour au laboratoire que j’ai compris ce qu’était la microfaune vivant dans le sol. Sous la loupe, dans une seule goutte d’eau une foule de micro-organismes s’agitait comme sur une autoroute. Sans parler du charmant tardigrade surnommé en anglais «water bear» en raison de apparence d’ourson. Coup de cœur garanti !

De la passion et beaucoup de champignons !

Au hasard des différentes activités et des temps libres, nous avons eu l’occasion de partager nos passions pour différents aspects de la nature, et ce, dans une atmosphère détendue (avec feux de camp et guimauves).
Ainsi, nous avons vite découvert que les champignons avaient poussé… comme des champignons. En particulier de curieux et volumineux champignons orange (la Dermatose des russules). Certains participants du groupe étant férus de mycologie, la curiosité et l’enthousiasme sont vite devenus contagieux. On a même fait des sporées dans un coin de la salle à dîner. Et plusieurs d’entre nous sont repartis avec un petit sac de champignons, et peut-être une nouvelle passion. Pour ma part, j’ai fait une délicieuse cueillette (Dermatoses des russules et Bolets à pied glabrescent).
D’autres ont partagé avec nous leur passion pour les insectes ou les lichens, la photo. Évidemment la botanique et l’ornithologie étaient au cœur des activités.

Tôt le matin : nous sommes aux oiseaux

Chaque jour six heures du matin, c’est le départ de la sortie ornitho pour ceux qui le désirent. Ces sorties avant le déjeuner étaient guidées par Béatrice et huguette de la SBM. Le premier matin, les oiseaux se laissaient deviner dans la brume matinale près du lac. Mais l’atmosphère était magique : des centaines de toiles d’araignées étaient rendues visibles par la rosée. Les insectes et les champignons ont attirés notre attention.
Le second matin était plus propice à l’observation. On a pu constater que la migration d’automne était déjà commencée en ce début d’août, et les parulines, dans leur déroutant plumage d’automne.
Au total 41 espèces ont été observées durant la fin de semaine avec un bon passage de 13 espèces de parulines : couronnée, des ruisseaux, à collier, à poitrine baie et plus encore. Grâce aux abreuvoirs installés expressément pour nous, les colibris nous tenaient souvent compagnie et s’alimentaient frénétiquement à la buvette.

Une rencontre impressionnante avec les huards

Pour ma part, j’ai profité d’un temps libre pour partir en solitaire explorer cet immense lac en kayak.
J’y ai rencontré un couple de Plongeon huard. L’un pêchait et l’autre, beaucoup plus loin, surveillait un jeune tout brun. J’ai pu m’approcher assez bien de l’adulte pêcheur (je n’avais pas mes jumelles). Mais quand j’ai voulu m’approcher très progressivement de l’autre et du jeune, même si j’étais assez loin, j’ai eu droit à tout un spectacle. L’adulte qui surveillait s’est alors élevé à la verticale, le torse bombé et m’a fait tout un numéro en courant à fleur d’eau, en battant des ailes et en criant. Il s’éloignait du jeune à toute vitesse, son but étant évidemment de m’éloigner, moi, du jeune. Et effectivement j’ai été tellement obnubilée par le spectacle que je n’ai pas vu le jeune filer en douce. Les deux adultes se sont ensuite rejoints en me contournant et se sont mis à crier à tout rompre : le message était clair ! Je suis partie en m’excusant de les avoir dérangés. Et en espérant ne pas avoir mis en danger l’unique rejeton du couple.

Beaucoup plus loin, dans une autre portion du lac, un autre couple nageait. Je ne les ai pas dérangés. Le soir autour du feu, on entendait le cri des huards qui résonnait en écho sur le lac calme. Un cri un peu inquiétant. L’auberge La huardière porte bien son nom.

Au retour : le bilan d’une expérience emballante

Je suis revenue de ce séjour avec des coups de cœur, comme plusieurs d’entre nous. Et avec le goût d’en apprendre plus et de replonger dans mes livres. Ce sera peut-être le début de nouvelles passions pour certains. Nous avons appris beaucoup durant ce séjour. Et j’ai vite compris qu’il n’y a pas d’âge pour apprendre !
Cette fin de semaine était une première pour la SBM à La huardière et ce fut un franc succès. Nous avons été privilégiés d’y participer. Nous avons pu bénéficier d’un site exceptionnel par sa beauté et par l’accès aux ressources universitaires, grâce à la collaboration entre l’UQAM et la SBM. Espérons que d’autres expériences aussi enrichissantes suivront. Si oui, on y retourne !
On ne peut que remercier les organisateurs de ce séjour. D’abord Daniel Rivest pour son accueil et sa générosité : Merci pour le tour de ponton sur le lac au coucher du soleil !
Merci également à la direction de l’UQÀM et aux organisatrices de la SBM et guides pour les activités : huguette Longpré, Béatrice Bellocq, Liliane Tessier et Claire Picotte.