Infolettre SBM du 15 novembre 2019

15 novembre 2019

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Nos prochaines actvités
  Date
Heure
Rendez-vous
Activité
Responsable
17 nov.
8h30 Métro Jolicoeur Bassin de Chambly Richard Guillet
19 nov.
8h00 Maison de l’arbre Frédéric-Back Jardin botanique de Montréal Béatrice Bellocq
24 nov.
8h00 Métro Jean-Drapeau Parc Jean-Drapeau Béatrice Bellocq
26 nov.
8h00 Maison de l’arbre Frédéric-Back Jardin botanique de Montréal Béatrice Bellocq
26 nov.
19h00 Dép. Sc. bio.l’UQAM, SB-1115 Conférence : Les tourbières face aux changements climatiques Mme Michelle Garneau
29 nov.
18h00 Restaurant Robin des Bois* Souper de Noël SBM Béatrice Bellocq
*Inscription obligatoire avant le 26 novembre. Réservé aux membres et à leurs invités.
Consulter le lien suivant pour tous les détails : Souper de Noël.
Pour plus de détails cliquez sur l’activité dans le tableau ou consultez le calendrier des activités.
Pour diminuer notre impact environnemental nous favorisons le covoiturage.
100 anniversaire de la SBM – Donnez un coup de pouce
Pour souligner dignement ce grand évènement nous formons un comité spécial dédié à l’organisation des 100 ans de la SBM. Ce comité se réunira dans le but de planifier et d’établir les différentes activités et festivités. Il prend tranquillement forme. Nous avons besoin de vos idées, de vos suggestions et de votre aide. Si vous êtes intéressé(e)s à vous impliquer dans ce comité envoyez un courriel à l’adresse suivante : 100ieme@sbmnature.org
Partenaire avec
Suivez-nous sur Facebook au lien suivant : SBMnature

Infolettre SBM du 1er novembre 2019

1er novembre 2019
Souper de Noël de la SBM
Le souper de Noël de la SBM aura lieu le 29 novembre prochain au restaurant Robin des Bois.
Un menu table d’hôte incluant un choix végétarien est proposé au coût de 38$ avant taxes et service. Inscription obligatoire avant le 18 novembre auprès de Béatrice Bellocq par téléphone au 514-251-7912 ou par courriel à bellocq@videotron.ca. SVP, préciser si vous désirez un repas végétarien. Consulter le site SBM pour tous les détails.
Nos prochaines actvités
  Date
Heure
Rendez-vous
Activité
Guide
3 nov.
8h00 Métro Jean-Drapeau Parc Jean-Drapeau Béatrice Bellocq
5 nov.
8h00 Maison de l’arbre Frédéric-Back Jardin botanique de Montréal Béatrice Bellocq
8 nov.
8h30 Métro Angrignon Parc Angrignon Lucie Chartrand
9 nov.
8h00 Métro Jolicoeur Canal de Beauharnois Gaspard Tanguay-Labrosse
12 nov.
8h00 Maison de l’arbre Frédéric-Back Jardin botanique de Montréal Béatrice Bellocq
13 nov.
19h00 Dép. Sc. bio.l’UQAM, SB-1115 Assemblée générale annuelle Conseil d’administration
Pour plus de détails cliquez sur l’activité dans le tableau ou consultez le calendrier.
Pour diminuer notre impact environnemental nous favorisons le covoiturage.
100 anniversaire de la SBM : appel aux volontaires
Pour souligner dignement ce grand évènement nous avons créé un comité spécial pour les 100 ans de la SBM qui se réunira dans le but de planifier et d’établir les différentes activités et festivités. Si vous avez des idées, des suggestions ou si vous êtes intéressé(e)s à vous impliquer dans ce comité envoyez un courriel à l’adresse suivante : 100ieme@sbmnature.org
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Annonce pour les 100 ans de la SBM

Oyé ! Oyé !
Il est déjà le temps de penser et planifier les festivités pour les 100 ans de la Société de biologie de Montréal (SBM), qui a été fondée le 16 février 1922 par le frère Marie-Victorin ainsi que des professeurs et docteurs émérites de l’université de Montréal.
La mission de la SBM a toujours été la vulgarisation des sciences biologiques. Bien qu’elle ait été à ses débuts une société fermée réservée à l’élite universitaire, elle se libéralise en 1964 et ouvre ses portes au grand public. Elle a laissé son empreinte et ouvert le chemin dans bien des domaines des sciences biologiques au Québec.
Vous pouvez lire un excellent article sur l’historique et les actions de la société de biologie de Montréal, écrit par M. André St-Arnaud, paru dans Histoire Québec, volume 21- numéro 3- 2016, page 9-10-11.
Pour souligner et fêter dignement ce grand évènement, les 100 ans de la SBM, nous avons pensé à créer un comité spécial pour les 100 ans de la SBM qui se réunira régulièrement dans le but de planifier et établir les différentes activités et festivités.
Si vous avez des idées, des suggestions ou êtes intéressé(e)s à vous impliquer dans ce comité spécial, envoyez un courriel à l’adresse suivante : 100ieme@sbmnature.org

Béatrice Bellocq
Présidente SBM

La circulation thermohaline des océans

L’eau douce est la plus dense à environ 4 degrés Celsius alors que la glace est moins dense. La résultante est que l’eau des lacs assez profonds est de 4 degrés au fond et que la glace, avec une densité inférieure à celle de l’eau liquide, flotte. Contrairement à l’eau douce, l’eau de mer voit sa densité affectée par sa température et par sa concentrations en sels divers (principalement des ions de chlore et de sodium). Plus l’eau de mer est chaude plus elle reste en surface, plus elle est chargée en sels plus elle s’enfonce. La concentration moyenne de l’eau de mer en sels est de 35 grammes par litre (principalement chlore et sodium). Par contre cette densité moyenne varie autour de la Terre et les différences de densité, due à l’évaporation ou aux apports d’eau douce (fleuves, pluie, fonte des glaciers) créent des déplacements des masses d’eau océanique appelés circulation thermohaline. Ces valeurs physiques (température et salinité) permettent d’identifier et de suivre des masses d’eau dans leur circuit circumterrestre. On estime qu’il faut entre 1000 et 1500 ans à une molécule d’eau pour faire un circuit complet.

La figure ci-dessus schématise une coupe d’ouest en est de la mer Méditerranée. L’évaporation (E) est plus grande que l’apport d’eau douce par les précipitation annuelles (P) et les apports (A) des fleuves qui s’y jettent. On peu observer un courant d’eau en surface venant de l’Atlantique qui vient combler le manque d’eau (E>P+A). Comme les sels ne s’évaporent la densité de l’eau de surface, tout comme sa température, augmente et cette eau plus dense, mais aussi plus chaude, coule au fond (D2) pour être remplacée en surface par l’eau de l’Atlantique (D1). On observe au fond du détroit de Gibraltar un courant d’eau de la Méditerranée, plus chaud et salé,  qui s’écoule dans l’Atlantique. Cette eau peut être suivie, par sa teneur en sels et sa température, sur plusieurs centaines de kilomètres au fond de l’Atlantique avant de se diluer.

Une animation de la circulation thermohaline, avec entre autres le Gulf Stream, peut être visionnée en cliquant le lien suivant : Circulation thermohaline.

Pour en savoir plus on peut consulter aussi la référence suivante (en français) : circulation océanique.

Dans une prochaine Capsule sciences nous aborderons les forces de Coriolis et pourquoi les courants marins tournent vers la droite dans l’hémisphère Nord.

La Voie lactée

Si vous vous êtes retrouvés à l’extérieur la nuit loin des sources lumineuses urbaines vous avez certainement remarqué la Voie lactée formant une bande lumineuse dans le ciel. Au fait, pourquoi « lactée » ? Pour cela il faut remonter à la Grèce antique qui lui donnait pour origine une giclée de lait du sein de la déesse Erra. Depuis nos connaissances se sont améliorées. La Voie lactée est en fait notre Galaxie (avec un G majuscule). Comme le Soleil (une des 100 à 200 milliards d’étoiles que compte la Galaxie) se situe en bordure de la Galaxie c’est celle-ci que l’on voit dans le ciel sous forme d’une bande blanchâtre due à l’accumulation de toutes ces étoiles indistinguables à l’oeil nu.
Jusque dans les années 1920 on croyait que l’Univers ne comptait qu’une seule galaxie. C’est l’astronome Edwin Hubble qui alors démontra que notre Galaxie n’en est qu’une parmi une multitude. On estime qu’il y a entre 100 et 200 milliards de galaxies dans notre univers visible.

Notre Galaxie se présente comme une spirale formée de deux bras enroulés et aplatis vers l’extérieur autour d’un centre plus globuleux. Il faut un peu plus de 80 000 ans à la lumière pour aller d’un bout à l’autre de son grand axe. La galaxie la plus proche de la nôtre, le Grand Nuage de Magellan, se trouve à 170 000 années-lumières. Une année-lumière n’est pas une durée mais la distance parcourue par la lumière dans le vide en un an terrestre (environ 9 500 milliards de kilomètres, c’est pas la porte à côté). Par comparaison il faut 8 minutes à la lumière du soleil pour parvenir à la Terre (146,9 millions de kilomètres) et la Lune est à 1,25 seconde-lumière de la Terre. Si vous allez vers l’étoile la plus proche du Soleil à la vitesse de 100000 km/h (suffisante pour faire le tour de la Terre en 24 minutes) il vous faudrait environ 31 000 ans. Aussi bien apporter quelques bons livres pour passer le temps.

Depuis les Grecs qu’avons nous appris par rapport à notre Galaxie et l’Univers ? Que plusieurs types de galaxies existent (spirales, sphériques, irrégulières) et qu’il existe des amas et des super-amas de galaxies. Que le centre des galaxies recèle un trou noir massif. Que l’Univers est en expansion (il y a de plus en plus d’espace entre les galaxies), qu’il a environ 13,8 milliards d’années d’existence, qu’il comprend 5% de matière ordinaire (qui nous compose nous, nos objects, les planètes, les étoiles, etc.) de 27% de matière noire (elle n’émet ni n’absorbe aucun rayonnement, d’où son qualificatif de « noire » mais exerce un effet gravitationnel sur les galaxies) et de 68% d’énergie sombre (encore mal définie elle influencerait l’expansion de l’Univers, une sorte de force de répulsion).

Difficile de résumer en quelques paragraphes l’astronomie, l’astrophysique et la physique moderne (et je n’ai même pas mentionné Einstein et la Relativité) et toutes les notions scientifiques qu’on y retrouve mais on peut s’émerveiller des progrès parcourus depuis les grecs anciens sur le chemin de la connaissance et notre compréhension de notre Univers. Pour terminer le mot univers est composé du latin uni (« un ») et versum (tourner) ce qui nous pourrait se traduire par « un seul tout » et pourtant les astrophysiciens parlent maintenant de multivers ou plusieurs univers, de quoi donner le tournis…

Morphologie cardiaque comparée

Chez les animaux avec un squelette interne (les vertébrés) le coeur se divise en oreillette (où le sang arrive) et en ventricule (d’où le sang part). Le coeur des poissons n’a qu’une oreillette et qu’un seul ventricule (voir les figures ci-bas). Le coeur des amphibiens compte deux oreillettes mais un seul ventricule. Chez ces derniers le sang désoxygéné se mélange donc au sang oxygéné. Celui des reptiles, les oiseaux sont issus de la lignée des dinosaures téropodes, a deux oreillettes et un seul ventricule comme chez les amphibiens mais deux crosses aortiques, une gauche et une vers la droite, sortant du ventricule. Le coeur des oiseaux possède deux oreillettes et deux ventricules et une seule aorte qui part du ventricule gauche pour apporter le sang oxygéné vers les organes comme celui des mammifères. Cependant chez les oiseaux c’est la crosse aortique droite qui est conservée alors que c’est la gauche chez les mammifères.

Le coeur des oiseaux est très volumineux par rapport à la taille. Celui du colibri peut représenter jusqu’à 2,4% de la masse corporelle contre environ 0,43% chez les humains.

Le rythme cardiaque des oiseaux varie entre 95 pulsations/minute (par exemple chez le dindon) à près de 1 200 pulsations/minute chez le colibri en vol. Pour ce qui est des mammifères le rythme varie de neuf battements par minute chez la baleine grise à 600 pulsations/minutes chez la musaraigne. Chez l’humain le rythme cardiaque varie généralement entre 50 et 80 pulsations/minute au repos. Par contre l’exercice permet d’abaisser le rythme cardiaque au repos. Par exemple certains cyclistes professionnels ont un rythme cardiaque pendant le sommeil de 30 battements/minute.

Le premier groupe de figures qui suit montre de façon schématique, la circulation sanguine chez différents groupes de vertébrés. Le sang se libère du CO2 et se charge d’oxygène dans les branchies (poissons) ou les poumons (autres groupes). Le contraire se produit dans les différents tissus et organes.

O : Oreillette
V : ventricule
A : Aorte (g gauche, d droite)

Le deuxième groupe de figures montre des coupes schématisées du coeur, vu de face, de différents vertébrés.

 —-> Flux sanguin —->

Les valvules entre l’oreillette et le ventricule (sauf chez le poisson) force le sang du ventricule à sortir par l’aorte pulmonaire (ventricule droit) ou systémique (ventricule gauche).

Bien entendu la Nature offre plus de diversité que ce qui est brièvement présenté ici. Par exemple les crocodiliens (qui font partie des reptiles) ont un coeur bien séparé en quatre parties (2 oreillettes et 2 ventricules) semblable à celui des mammifères.

Pour en savoir plus consulter les liens suivants :

(Texte et illustrations Luc Roseberry)

La classification scientifique

La classification scientifique des espèces correspond aussi bien à la systématique (méthode pour classer le vivant) qu’à la taxonomie (la classification qui résulte de la systématique).
Vers 1735 Linné a mis en place la classification classique encore utilisée aujourd’hui. Elle est basée sur le regroupement suivant : Règne, Embranchement, Classe, Ordre, Famille, Genre et Espèce auquel s’ajoute parfois la Race (ou cultivar pour les plantes). Pensez à « RECOFGER » pour le retenir.
Pour l’Homme cela donne : Règne animal → Embranchement des vertébrés → Classe des mammifères → Ordre des primates → Famille des hominidés → Genre Homo → espèce Homo sapiens.
Le nom d’espèce, généralement écrit en italique, est en latin et composé de deux termes (un binôme) soit le nom du genre (avec une majuscule) et de l’espèce proprement dite (sans majuscule).
L’avantage de la classification scientifique est quelle varie peu au niveau de l’espèce (on ne peut pas en dire autant du nom vernaculaire) et qu’elle est reconnue partout. Par contre il est plus facile de parler du merle d’Amérique (nom vernaculaire en français) que du Turdus migratorius (nom scientifique) mais un anglophone saura que le nom scientifique correspond à son « American robin » et un hispanophone saura que l’on parle de « mirlo primavera ».
Vous voulez en savoir plus visitez Taxonomie sur le site de la SBM.

(Luc Roseberry)

Fin de semaine à La Huardière, août 2018

Fin de semaine à La Huardière : Le Centre écologique de l’UQAM
par Jocelyne Camirand

En ce beau vendredi d’un été caniculaire, nous sommes 18 membres de la SBM à débarquer à l’auberge La huardière pour la fin de semaine du 3 au 5 août. L’auberge, située près de Saint-Michel-des-Saints, n’est pas un gîte comme les autres ; c’est le Centre écologique de l’UQAM offrant diverses activités pédagogiques et cours sur le terrain à ses étudiants. À l’arrivée, nous sommes séduits par la beauté du site : un grand lac, le lac Lusignan, parsemé d’îlets et entouré de montagnes, une nature sauvage, quelques chalets à peine visibles.
Notre hôte nous y attend déjà, c’est Daniel Rivest du département des Sciences biologiques de l’UQAM et aussi membre de la SBM. Pour ce séjour, Daniel nous a préparé tout un menu d’activités : des excursions de botanique, d’ornithologie, bien sûr. Mais en plus, il nous offre de nous initier à quelques-unes des formations qu’il donne habituellement aux étudiants. Ce sera pour nous une expérience unique : participer à des ateliers de niveau universitaire (une version allégée, bien sûr) dans un site enchanteur, avec un accès aux laboratoires bien équipés.
Voici quelques souvenirs de cette superbe fin de semaine qui nous a permis d’apprendre et de partager nos passions pour différents aspects de la nature.

Les deux pieds dans l’eau, une initiation à l’écologie de ce beau lac

Dans un premier atelier, Daniel nous a expliqué les relations entre ce beau lac et son environnement. Comment, par exemple, la couleur sombre et la qualité de son eau sont liées à la qualité du sol de son bassin versant, à la présence des conifères, au type de roches des montagnes environnantes, aux précipitations acides, aux polluants, etc. Daniel nous en a fait un récit accessible et fascinant tout en nous transmettant une information scientifique : nous savons désormais ce qu’est un bassin versant et même comment on le mesure ! En l’espace de moins d’une heure nous nous sommes transformés en étudiants attentifs et curieux !
Pour la partie pratique de l’atelier, chacun a mis des cuissardes, de grandes bottes montant jusqu’à la poitrine. Mission : récolter des échantillons au bord de l’eau. Évidemment en soi, c’était une partie de plaisir de marcher avec de telles bottes ! Et avec nos instruments scientifiques dont les filets nommés « kick », de recueillir un peu de tout au gré de nos envies. À cette étape, je n’imaginais pas les trésors que renfermaient nos épuisettes (larves d’insectes aquatiques, zooplancton, phytoplancton, benthos).

La beauté des micro-organismes

De retour au labo, j’ai découvert la beauté des micro-organismes que nous avions récoltés. Une révélation pour moi. Grâce à la loupe binoculaire, j’ai pu voir ces organismes invisibles à l’œil nu : les organes orange d’un zooplancton transparent et ses longues antennes (un copépode) ; un autre avec un saphir unique en guise d’œil (le bien nommé cyclope). Que de beauté dans une seule goutte d’eau !

Nous avons aussi fait un test de laboratoire : comparer l’alcalinité de l’eau du lac à celle de Montréal. Amusant et instructif. En amateur, notre petite équipe a un peu mélangé les échantillons… et notre expérience a été un fiasco ! Mais nous avons compris que la science, c’est rigoureux !

En cuissardes à La Huardière pour échantillonner.

Des sentiers aux binoculaires : atelier botanique

La sortie de botanique aux alentours du centre s’est aussi terminée au laboratoire. Elle était dirigée par Liliane et Claire de la SBM. Pour nous Montréalais, les environs offraient des milieux différents : une forêt où dominent les conifères, la sapinière à Bouleaux blancs avec des parcelles de coupe forestière, d’autres en régénération, le milieu aquatique, le rivage. Différentes plantes aquatiques, de rivage, forestières ou de bord de chemin ont pu être observées, mentionnons : la Lobélie de Dortmann, le Faux-nymphéa à feuilles cordées, la Dièreville chèvrefeuille, l’Épinette noire et l’Érable à épis. Les listes complètes des observations pour la botanique et l’ornithologie sont disponibles sur le site internet de la SBM.
Pour certains d’entre nous, le coup de cœur de cette fin de semaine aura été d’observer aux binoculaires la beauté des lichens magnifiés ou les sores, fructification des fougères.

Mieux comprendre la forêt

C’est aussi en pleine nature que Daniel nous a amenés pour un second atelier, portant sur la microbiologie environnementale. Son but : nous initier aux relations existant dans l’écosystème et au rôle des micro-organismes. La décomposition de la matière organique (d’une feuille dans la forêt, par exemple) illustre bien ce processus et l’importance des micro-organismes qui décomposent et créent des nutriments utiles à tout l’écosystème, dont l’humain. L’excursion nous a permis de comprendre différents types de relations : relation de symbiose, par exemple entre les racines des arbres et les mycorhizes (ou les rhizobiums avec les légumineuses, ou encore les frankia fixés aux racines de certains arbustes) ; et le parasitisme (ex. : les parasites des arbres, les « balais de sorcières »). Nous avons senti l’odeur de la terre (petrichor), discuté du mycélium des champignons, observé des lichens et prélevé des échantillons dans la mousse de sphaigne. C’est de retour au laboratoire que j’ai compris ce qu’était la microfaune vivant dans le sol. Sous la loupe, dans une seule goutte d’eau une foule de micro-organismes s’agitait comme sur une autoroute. Sans parler du charmant tardigrade surnommé en anglais «water bear» en raison de apparence d’ourson. Coup de cœur garanti !

De la passion et beaucoup de champignons !

Au hasard des différentes activités et des temps libres, nous avons eu l’occasion de partager nos passions pour différents aspects de la nature, et ce, dans une atmosphère détendue (avec feux de camp et guimauves).
Ainsi, nous avons vite découvert que les champignons avaient poussé… comme des champignons. En particulier de curieux et volumineux champignons orange (la Dermatose des russules). Certains participants du groupe étant férus de mycologie, la curiosité et l’enthousiasme sont vite devenus contagieux. On a même fait des sporées dans un coin de la salle à dîner. Et plusieurs d’entre nous sont repartis avec un petit sac de champignons, et peut-être une nouvelle passion. Pour ma part, j’ai fait une délicieuse cueillette (Dermatoses des russules et Bolets à pied glabrescent).
D’autres ont partagé avec nous leur passion pour les insectes ou les lichens, la photo. Évidemment la botanique et l’ornithologie étaient au cœur des activités.

Tôt le matin : nous sommes aux oiseaux

Chaque jour six heures du matin, c’est le départ de la sortie ornitho pour ceux qui le désirent. Ces sorties avant le déjeuner étaient guidées par Béatrice et huguette de la SBM. Le premier matin, les oiseaux se laissaient deviner dans la brume matinale près du lac. Mais l’atmosphère était magique : des centaines de toiles d’araignées étaient rendues visibles par la rosée. Les insectes et les champignons ont attirés notre attention.
Le second matin était plus propice à l’observation. On a pu constater que la migration d’automne était déjà commencée en ce début d’août, et les parulines, dans leur déroutant plumage d’automne.
Au total 41 espèces ont été observées durant la fin de semaine avec un bon passage de 13 espèces de parulines : couronnée, des ruisseaux, à collier, à poitrine baie et plus encore. Grâce aux abreuvoirs installés expressément pour nous, les colibris nous tenaient souvent compagnie et s’alimentaient frénétiquement à la buvette.

Une rencontre impressionnante avec les huards

Pour ma part, j’ai profité d’un temps libre pour partir en solitaire explorer cet immense lac en kayak.
J’y ai rencontré un couple de Plongeon huard. L’un pêchait et l’autre, beaucoup plus loin, surveillait un jeune tout brun. J’ai pu m’approcher assez bien de l’adulte pêcheur (je n’avais pas mes jumelles). Mais quand j’ai voulu m’approcher très progressivement de l’autre et du jeune, même si j’étais assez loin, j’ai eu droit à tout un spectacle. L’adulte qui surveillait s’est alors élevé à la verticale, le torse bombé et m’a fait tout un numéro en courant à fleur d’eau, en battant des ailes et en criant. Il s’éloignait du jeune à toute vitesse, son but étant évidemment de m’éloigner, moi, du jeune. Et effectivement j’ai été tellement obnubilée par le spectacle que je n’ai pas vu le jeune filer en douce. Les deux adultes se sont ensuite rejoints en me contournant et se sont mis à crier à tout rompre : le message était clair ! Je suis partie en m’excusant de les avoir dérangés. Et en espérant ne pas avoir mis en danger l’unique rejeton du couple.

Beaucoup plus loin, dans une autre portion du lac, un autre couple nageait. Je ne les ai pas dérangés. Le soir autour du feu, on entendait le cri des huards qui résonnait en écho sur le lac calme. Un cri un peu inquiétant. L’auberge La huardière porte bien son nom.

Au retour : le bilan d’une expérience emballante

Je suis revenue de ce séjour avec des coups de cœur, comme plusieurs d’entre nous. Et avec le goût d’en apprendre plus et de replonger dans mes livres. Ce sera peut-être le début de nouvelles passions pour certains. Nous avons appris beaucoup durant ce séjour. Et j’ai vite compris qu’il n’y a pas d’âge pour apprendre !
Cette fin de semaine était une première pour la SBM à La huardière et ce fut un franc succès. Nous avons été privilégiés d’y participer. Nous avons pu bénéficier d’un site exceptionnel par sa beauté et par l’accès aux ressources universitaires, grâce à la collaboration entre l’UQAM et la SBM. Espérons que d’autres expériences aussi enrichissantes suivront. Si oui, on y retourne !
On ne peut que remercier les organisateurs de ce séjour. D’abord Daniel Rivest pour son accueil et sa générosité : Merci pour le tour de ponton sur le lac au coucher du soleil !
Merci également à la direction de l’UQÀM et aux organisatrices de la SBM et guides pour les activités : huguette Longpré, Béatrice Bellocq, Liliane Tessier et Claire Picotte.

Aventure australe: Les îles Kerguelen

Découvert en 1772 par le navigateur Yves-Joseph de Kerguelen de Trémarec, l’archipel des Kerguelen compte parmi les territoires les plus isolés du globe. En raison des conditions météorologiques difficiles et en particulier du vent, la voie maritime est le seul moyen de transport pour y accéder.

Cet archipel, surnommé «île de la désolation», ne possède pas de population permanente et est maintenant uniquement voué à la recherche scientifique. Depuis 1950, une station a été créée à Port-aux-Français – « PAF » pour les intimes – afin d’accueillir le personnel travaillant plusieurs mois sur ce territoire austral.

Archipel des Kerguelen
L’archipel des Kerguelen, situé entre les 40e rugissants et les 50e hurlants dans l’océan Austral, se caractérise par des vents forts et une température moyenne annuelle d’environ 5°C. Le vent, qui souffle en continu à 35km/h et qui peut fréquemment atteindre des pointes à 150km/h, empêche tout espoir de rejoindre ces îles uniquement par voie aérienne.

On y retrouve essentiellement des scientifiques, qui peuvent effectuer leurs recherches dans de très bonnes conditions grâce à la logistique offerte par l’Institut polaire français (IPEV) et à la présence de militaires et de quelques contractuels qui assurent différents postes essentiels au bon fonctionnement de la base. L’Armée de l’air est par exemple en charge des communications, l’Armée de terre des infrastructures et la Marine nationale de l’électricité et de la navigation. Un dérivé du service militaire, le volontariat civil à l’aide technique (VCAT), permet chaque année à de jeunes français de vivre une expérience exceptionnelle dans les Terres australes et antarctiques françaises (TAAF). C’est dans ce contexte que j’ai été recruté pour le poste de chargé de l’environnement entre novembre 2007 et avril 2009. L’objectif de ce volontariat était principalement de s’assurer des bonnes pratiques environnementales des gens sur la base (tris des déchets, distances d’approche et dérangement des animaux), de lutter contre les espèces introduites (mouflons en particulier) et de représenter le service environnement des TAAF qui siège à l’île de La Réunion.

La base de Port-aux-Français accueille le personnel qui débarque en hélicoptère après avoir voyagé sur le Marion Dufresne. Chaque personne y possède une chambre attitrée pour la durée de son séjour. C’est ici aussi que les scientifiques reviennent une fois leurs manips terminées afin de pouvoir retrouver le bonheur d’une douche ! En hiver, d’avril à septembre, la mission comprend une cinquantaine de personnes.

Ces îles subantarctiques abritent une faune et une flore exceptionnelle que l’on ne rencontre qu’à peu d’endroits. Les scientifiques possèdent ainsi un véritable laboratoire à ciel ouvert pour leurs études, aussi bien sur la faune et la flore que sur les changements climatiques.

Ainsi, les Kerguelen sont connues pour leurs populations d’oiseaux parmi lesquels on retrouve les emblématiques albatros et manchots.

La manchotière de Ratmanoff, avec ses 100 000 couples de Manchots royaux, fait partie des sites incontournables de l’archipel. Cette colonie est particulièrement bien suivie par les scientifiques, étant relativement facile d’accès (entre 6 et 8 heures de marche depuis la base) et disposant d’une cabane permettant d’accueillir une équipe de 6 personnes. Certains scientifiques qui viennent aux Kerguelen durant les quelques mois de l’été austral y passent d’ailleurs toutes leurs semaines, ne rentrant que rarement à la base afin de maximiser leur récolte de données.

Manchots royaux - Photo Maxime Aubert
Manchots royaux – Photo Maxime Aubert

 Quatre espèces de manchots sont facilement observables aux Kerguelen: le Manchot royal, le Manchot papou, le Gorfou sauteur et le Gorfou doré. Le Manchot empereur, bien connu de tous, se rencontre uniquement sur le continent Antarctique.

Gorfous sauteurs - Photo Maxime Aubert
Les gorfous se reconnaissent à leurs aigrettes jaunes qui forment un grand sourcil. Ils font partie de la famille des manchots. Le Gorfou sauteur apprécie les éboulis pierreux, dans lesquels on peut fréquemment l’observer. – Photo Maxime Aubert

Les Albatros hurleurs qui peuplent la grande péninsule à l’est de Kerguelen sont également suivis par des ornithologues. Les individus sont marqués et pesés pour des projets de suivi de populations. Les oiseaux sont essentiellement bagués sur le nid lors du tour de la péninsule Courbet. Cette «manip », comme on dit là-bas, consiste à marcher une trentaine de kilomètres par jour pendant près d’une semaine en comptant les éléphants de mer sur les plages et en baguant les albatros au nid. Chaque soir nous dormions dans une cabane différente afin de faire une boucle et revenir à notre point de départ, la base de Port-aux-Français.

Éléphant de mer - Photo Maxime Aubert
Le mâle éléphant de mer, qui se reconnaît à sa trompe caractéristique, est communément appelé «pacha» car il possède un harem composé de plusieurs femelles. Un gros pacha peut peser plusieurs tonnes, autant dire qu’il vaut mieux éviter de se trouver sur son chemin lorsqu’il se déplace ! – Photo Maxime Aubert

Un autre site d’importance pour les ornithologues est la colonie du site de Sourcils Noirs, qui accueille les albatros du même nom. Ces oiseaux font également l’objet d’un suivi à long terme, auquel j’ai eu la chance de participer en me joignant aux ornithos pour les assister dans leur travail de suivi. On y accède après quelques heures de bateau à bord de L’Aventure II. Ce chaland permet de se déplacer dans l’ensemble du golfe du Morbihan.

Albatros à sourcils noir - Photo Maxime Aubert
L’Albatros à sourcils noirs fait partie des oiseaux qui nous offrent des spectacles de voltige spectaculaires depuis le Marion Dufresne. Le site d’étude portant leur nom est composé de falaises pentues facilitant le décollage des oiseaux, mais la prudence est de mise pour les ornithologues qui doivent se faufiler entre les nids ! – Photo Maxime Aubert

 

Chaland L'Aventure II - Photo Maxime Aubert
L’Aventure II est le chaland qui permet d’accéder aux petites îles situées dans le golfe du Morbihan. Ce bateau à fond plat mené par deux militaires de la Marine nationale dépose les scientifiques avec leur matériel sur les îles du golfe. Une fois sur place, les scientifiques passeront plusieurs jours sur le terrain, loin de la base, pour effecteur leur travail. Une vacation radio depuis leur cabane est obligatoire chaque jour afin de s’assurer de la sécurité du personnel et de lui fournir les prévisions météorologiques pour les jours suivants. – Photo Maxime Aubert

Les oiseaux marins ont pris possession de cette île où aucun prédateur terrestre ne pouvait les attaquer, du moins avant que l’Homme n’y introduise le Chat domestique. Les chats continuent aujourd’hui d’y survivre et constituent une menace majeure en se nourrissant des pétrels facilement accessibles au fond de leurs terriers. Derrière ce petit paradis se cache en effet le problème des espèces introduites par l’Homme (rats, chats, souris, lapins, pissenlits, rennes…), qui affectent la conservation de ces territoires fragiles. C’est également dans le but d’enrayer la propagation de ces espèces que l’archipel a été classé en réserve naturelle en 2006. La réserve naturelle nationale des Terres australes et françaises est la plus grande réserve naturelle de France car elle regroupe les districts des îles de Kerguelen, Crozet, Saint-Paul et Amsterdam.

Le vent qui souffle en permanence sur cet archipel a contraint la végétation à s’adapter à ces conditions difficiles. Ainsi, on ne retrouve aucun arbre sur ces territoires. Les deux espèces végétales les plus connues sont le Chou de Kerguelen et l’azorelle qui forme des coussins sur le sol. À l’inverse des ornithos qui étudient la faune, les « écobios », qui travaillent pour le programme d’éco-biologie, étudient l’évolution des formations végétales, en parcourant les petites îles du golfe du Morbihan.

C’est sur ces îles isolées qu’une cinquantaine de personnes passe une année à vivre en communauté, coupée du monde et ravitaillée quatre fois l’an par un navire : le Marion Dufresne. Chaque année une nouvelle mission vient remplacer la précédente afin d’éviter au personnel un trop long séjour, certainement dans le but de faciliter la réadaptation lors du retour à la réalité…

 

Références :

http://www.institut-polaire.fr/language/fr/

http://www.taaf.fr/


Article publié dans le Bio-Nouvelles Volume 45, numéro 2 de avril, mai et juin 2017

Ballet aérien

Au départ, trois sont arrivés… Peu de temps après, un groupe d’une cinquantaine les ont rejoints… Puis, une minute plus tard, ce sont huit mille individus, nous a-t-on dit, qui ont envahi les lieux.

Si les éclaireurs et le premier bataillon étaient des Pluviers semipalmés, le gros de la troupe était composé quasi exclusivement de Bécasseaux semipalmés.

Nous étions le 10 août, en fin d’après-midi, à Mary’s Point, sur la côte néobrunswickoise de la baie de Fundy, en bordure de la plage restreinte par la marée haute. Quand nous y sommes arrivés, vers 16 h, la bande sableuse striée de cordons de varech était déserte tout au long de la pointe. Une naturaliste du centre d’interprétation de la «Shepody National Wildlife Area» et un photographe étaient déjà installés. Il ventait très fort ; le plafond était bas, très gris. Sans être sinistre, l’atmosphère n’était pas des plus joyeuses. Il ne se passait rien ; le photographe regardait son énorme téléobjectif et avait l’air de se demander pourquoi il l’avait amené dans de telles conditions. Seule la naturaliste semblait sereine ; elle prenait des notes, j’ignore sur quoi, dans son carnet et, de temps en temps, elle balayait rapidement la baie de ses jumelles. Et vers 16 h 30, nous avons assisté à cette arrivée de bécasseaux précédés de quelques pluviers.

Tandis que les pluviers s’installaient sur le varech, les bécasseaux se posaient en un seul groupe serré, tous pointant le bec dans la même direction, sur le sable en bordure de l’eau. La naturaliste nous a dit qu’ils étaient environ huit mille et que la semaine précédente, un groupe de 75 à 80000 s’était posé au même endroit.

Bécasseaux semipalmés, (Baie de Fundy, Mary's Point, le 10 août 2016) - Photo Claude Ducrot
Bécasseaux semipalmés, (Baie de Fundy, Mary’s Point, le 10 août 2016) – Photo Claude Ducrot

Bientôt, nous avons eu le spectacle qui est l’apothéose de bien des documentaires. On peut parler de ballet aérien dont la chorégraphie semble complètement improvisée. Les 8 000 bécasseaux décollent en même temps en un nuage qui se déforme continuellement au hasard des changements de direction du groupe qui est devenu une entité vivante unique. Les virages ne s’amorcent pas nécessairement de la tête de cette entité. Le cœur peut partir vers le haut ou plonger en rase-motte ; le reste du groupe s’étire alors pour devenir des « ailes » qui aussitôt rejoignent la nouvelle tête en un groupe compact qui rentre alors dans une nouvelle virevolte.

Bécasseaux semipalmés, (Baie de Fundy, Mary's Point, le 10 août 2016) - Photo Claude Ducrot
Bécasseaux semipalmés, (Baie de Fundy, Mary’s Point, le 10 août 2016) – Photo Claude Ducrot

Selon le côté que les bécasseaux présentent aux observateurs, le nuage passe du gris assez foncé à l’argent, accentuant l’effet visuel des acrobaties aériennes. Le vrombissement de ces milliers d’ailes varie avec les arabesques effectuées ajoutant l’effet sonore au spectacle.

Aussi soudainement que le groupe avait décollé, il atterrit presqu’au même endroit sur la plage.

Nous avons assisté à une succession de ces ballets aériens entrecoupés d’intermèdes plus ou moins longs. Qu’est-ce qui provoque ces envolées ? On ne le sait pas. Aucun rapace n’est passé cette soirée-là. Est-ce pour se réchauffer ? Est-ce pour renforcer la cohésion du groupe en vue de la migration prochaine vers le Surinam?

Le matin précédent, la marée basse laissant la batture libre d’eau, nous avions marché le long de la pointe. Nous avions pu observer de nombreux Pluviers argentés et semipalmés mais étrangement très peu de bécasseaux. Il faut dire que dans la baie de Fundy l’estran est particulièrement large et qu’il est impossible de marcher sur cette énorme surface vaseuse d’où les limicoles tirent leur nourriture. Y détecter alors des bécasseaux relève quasiment du hasard.

Le lendemain, en fin d’après-midi, à marée haute, nous étions de nouveau sur place. Et c’est un groupe de 12000 bécasseaux qui nous a régalés de son spectacle. Pendant que nous l’admirions, plusieurs nuages plus importants encore sont passés non loin allant se poser sur une autre plage, formant peut-être un rassemblement de 80 000 individus, semblable à celui que la naturaliste avait vu quelques jours auparavant.

Notre voyage le long de la baie de Fundy nous a permis d’admirer plusieurs sites spectaculaires et tourmentés comme le cap Enragé et les fameux Hopewell Rocks, mais aussi des lieux plus sereins, de grands champs descendant doucement vers la mer bordée de marais salés. Cependant, c’est à Mary’s Point, sous un ciel peu engageant que nous avons assisté à un spectacle grandiose et inoubliable.


Article publié dans le Bio-Nouvelles Volume 44, numéro 4 d’octobre, novembre et décembre 2016