Je suis submergé par le flot des mauvaises nouvelles, les commentaires négatifs; toutes ces particules s’incrustent dans mes pensées, mes sentiments.

Je me prescris un bain dans la nature.

Dès les premiers pas, un bruant chanteur m’offre sa mélodie « tioui, tioui, tioui ». Peut-être me dit-il : « oui, oui, tu as bien fait de sortir ». Maintenant, c’est au tour du cardinal rouge vêtu de son beau complet «  tiouit, tiouit, tiouit ». Tiens, un chant que je reconnais, c’est celui du merle d’Amérique, il n’est pas loin, c’est certain. Le coquin, il était tout près dans l’érable. Il s’approche et voilà qu’il se dandine dans l’herbe, à la recherche d’un ver, son mets préféré.

Voici qu’un grand héron survole le fleuve, des battements d’ailes amples et lents. Il se dirige vers l’Île aux Hérons pour y rejoindre ses camarades. Une des plus vieilles héronnières du Québec. Samuel de Champlain est passé par là.

La vue du majestueux fleuve Saint-Laurent m’incite à prendre un siège, à observer, à écouter la musique de la nature : le chant des oiseaux, le rythme des rapides, le souffle du vent, tout un orchestre. Plusieurs compositeurs de musique classique se sont inspirés de la nature  « La Mer », de Claude Debussy, les « Quatre Saisons », de Vivaldi , etc.

J’entends, des « tchite », rapides et nombreux; des dizaines d’hirondelles bicolores virevoltent dans tous les sens en effleurant l’eau, un véritable ballet aérien. Comment font-elles pour ne pas entrer en collision? Je m’amuse à en suivre une, ah ! c’est raté, je recommence. Les hirondelles chassent les insectes au vol, elles peuvent en manger jusqu’à 3000 par jour.

En cette période de confinement, le contact avec ma famille et mes amis me manque. M’approcher de la nature me fait du bien. Un lien plus intime avec la nature permet de vivre en harmonie avec elle et, par conséquent, de la respecter. En parlant d’intimité, je fais un câlin à un arbre et je lui dis merci d’être là. Je mets mon oreille sur le tronc pour écouter le ruissellement de la sève. Ce liquide riche en nutriments permettra à l’arbre de se vêtir de ses plus beaux atours et ainsi offrir le gîte aux oiseaux.

Daniel Mercier