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Un séjour inoubliable


Ayant eu des échos plus que positifs du Séjour ornithologique en Gaspésie, Myreille Bachand et moi décidons de nous inscrire à l’édition 2015, plus précisément du 27 mai au 1er juin 2015.

Au petit matin du 26 mai, nous partons vers Matane où nous couchons à l’hôtel-motel Belle Plage avec vue sur la mer. Pas aussitôt arrivées, nous sortons nos lunettes d’approche et scrutons la mer de notre chambre car il commence à pleuvoir. Et nous voyons nos premiers Eiders à duvet, Fous de Bassan, Guillemots à miroir et Macreuses à front blanc. Cela sent le large !

Après une bonne nuit de sommeil, nous faisons avant de partir un petit tour autour du motel où quelques bruants (à gorge blanche, à couronne blanche, chanteurs) grattent le sol. On se laisse aussi charmer par le chant de la Grive solitaire.

Direction Gaspé et, en cours de route, un petit arrêt à la baie des Capucins, où canards et quelques limicoles se nourrissent paisiblement. En plein milieu du chemin, un Pluvier kildir est bien installé sur son nid mais ne semble nullement importuné par notre présence. On se retire discrètement pour le laisser couver tranquillement.

Enfin nous arrivons au Centre communautaire de Douglastown, un joli village anglophone en banlieue de Gaspé, avec une vue imprenable sur la baie de Gaspé et le barachois de la rivière Saint-Jean.

Le Centre communautaire de Douglastown - Photo Myreille Bachand
Le Centre communautaire de Douglastown, une ancienne école transformée en auberge. - Photo Myreille Bachand

Après un accueil très chaleureux, nous nous installons dans les chambres de cette ancienne école transformée en auberge. Il y en a pour tous les goûts, allant du dortoir de 6 à 8 lits, aux chambres à 4, 2 et 1 lit(s). Simples mais très fonctionnelles. Quant aux repas, on a droit à un menu santé à base de produits locaux: poissons, fruits de mer et autres, dont une bagatelle à la rhubarbe tout simplement divine, le tout concocté par un groupe de bénévoles très attentionnés et attentifs à nos besoins.

Allez, c’est l’heure du dodo!

Doux réveil par Lorraine (instigatrice et organisatrice de ce merveilleux séjour) au son de son accordéon.

Pour se familiariser un peu avec les lieux, matinée libre. Après le déjeuner, nous partons faire un tour au barachois de la rivière Saint-Jean, c’est juste en bas de la côte. Et nous voyons nos premières Bernaches cravants. Qu’elles sont jolies ! Un Pygargue à tête blanche (3e année) sème un peu l’émoi parmi les canards. Oups, un Épervier brun passe en coup de vent. En tout, 24 espèces sont vues et entendues, pas si mal pour une petite sortie informelle.

Cormorandière en plein centre-ville de Gaspé. - Photo Myreille BachandEn après-midi, l’autobus scolaire est à la porte et nous allons voir une cormorandière, en plein centre-ville de Gaspé, située en arrière du garage municipal où Cormorans à aigrettes et Bihoreaux gris cohabitent en harmonie. Il y a déjà des œufs dans les nids. Nous remontons dans l’autobus et direction la rivière York. Beaucoup d’activités, dont 13 espèces de parulines avec un gros passage de Parulines obscures, il y en a partout. Quelques colibris batifolent ici et là.

De retour au centre, vite c’est l’heure de la conférence sur l’Ours noir, présentée par Mathieu Côté du Parc Forillon. Excellente présentation ! Mais je suis loin d’être rassurée...

Le lendemain, grosse journée au Parc Forillon accompagnés par Mathieu Côté et de toute l’équipe des guides. Nous partons tous à l’aventure où ours noir et orignal nous attendent. Que de beaux sentiers : «Le Castor », où les parulines volent la vedette ainsi qu’une Mésange à tête brune qui malgré nos efforts reste entendue seulement ; «Le Cap Bon Ami», où une vingtaine d’Arlequins plongeurs sont là tout en bas ainsi qu’une multitude de Petits Pingouins, Guillemots à miroirs, Guillemots marmettes, Mouettes tridactyles nichant dans la falaise. Nous étions en train de remonter dans l’autobus quand un Grand-duc d’Amérique se met à chanter, en plein jour !!! Tout le monde redescend, il est bien caché et reste introuvable. Un petit arrêt à la Chute et c’est le festival des viréos : à tête bleue, de Philadelphie et aux yeux rouges.

En début d’après-midi, nous nous dirigeons vers le secteur sud du parc et faisons un magnifique sentier de 5 km, «La Grave», longeant la côte entre Grande-Grève et l’Anse-aux-Amérindiens. Une superbe journée, le soleil, le vent et la mer quoi de plus pour être heureux??? En traversant le boisé, un chant attire notre attention, on écoute et c’est un deuxième Grand-duc qui hulule doucement. Pierre, notre guide, le découvre, bien camouflé dans un conifère. Pas si facile à voir. Un peu plus loin, c’est une paruline qui nous déroute quelque peu car elle est blanchâtre. Après l’avoir bien observée, on en arrive à la conclusion que c’est une Paruline à poitrine baie, partiellement albinos.

En sortant du boisé, dans le pré, un Ours noir, un jeune d’au moins deux ans, est aperçu. Nous passons notre chemin et il ne fait pas de cas de nous.

Nous soupons sur place, car Lorraine et quelques bénévoles ont apporté les victuailles. Quelle gentille attention mais que de logistique !

Le long de la route, dans une cuvette, un orignal nous impressionne quelque peu. Le temps de faire quelques photos et tout le monde est bien content.

Au coucher du soleil, nous retournons à l’étang aux Castors et entre chien et loup fusent les « pint ! » si caractéristiques de la Bécasse d’Amérique. Dans la pénombre, on l’entrevoit tournoyer dans le ciel et atterrir à quelques mètres de nous. On retient notre souffle et elle recommence son manège encore et encore. On est en plein dans le temps de la pariade. Diane nous fait l’appel de la Petite Nyctale et au loin, une lui répond. Ce soir, il y a de la magie dans l’air….

Encore une journée bien remplie !

Un petit dodo et nous repartons toutes fringantes vers de nouveaux sites : barachois de Malbaie, chemin de la rivière aux Émeraudes, Bridgeville, barachois à Percé.

En milieu de matinée, nous arrivons au barachois à Percé et nous marchons le long de la digue, très beau milieu où différents habitats abritent une multitude d’anatidés, de la Bernache cravant en passant par divers canards barboteurs (noir, colvert, branchu, chipeau, souchet, sarcelle d’hiver et à ailes bleues) ainsi que des plongeurs (Eider à duvet, les trois macreuses, des harles, grands et huppés).

Sur l’heure du midi, on arrive sur un groupe de limicoles : Pluvier semipalmé, Bécasseau variable, minuscule et autres. Quand tout à coup, à nos pieds, il y en a un tout seul qui longe la rive. Pas facile, c’est un cas de livre car il n’est pas encore en plumage nuptial. Il nous donne un peu de fil à retordre mais on en arrive à la conclusion que c’est bel et bien un Phalarope de Wilson, un lifer pour quelques personnes. Bon, c’est le temps d’aller chercher le lunch. En redescendant de l’autobus, quelques personnes nous avisent qu’il y a un Combattant varié femelle, au même endroit que le phalarope mais très loin. Bon, le lunch attendra. Il est si loin, que je laisse cela aux pros. En continuant de scruter, un petit oiseau noir et blanc détonne dans un groupe de Bécasseaux semipalmés : un Plectrophane des neiges en plumage nuptial, je pense qu’il s’est trompé de groupe !!!

Le Phalarope de Wilson - Photo Myreille Bachand
Un Phalarope de Wilson, un lifer pour plusieurs personnes. - Photo Myreille Bachand

Après un repas vite fait, nous partons à la pointe Saint-Pierre à la recherche du Grand Cormoran. Il vente à écorner les bœufs et on distingue au loin sur l’île Plate trois Grands Cormorans.

Sur le retour, je vois une masse blanche dans un champ. En catastrophe, je fais arrêter l’autobus et un petit groupe descend pour aller voir. Si c’est une fausse alerte, tournée générale pour tout le monde. Nous revenons quelque peu sur nos pas et retrouvons facilement mon «Harfang des neiges », bernée que j’ai été par un sac de plastique... Tournée générale pour tout le monde agrémentée de sushis faits maison par Lorraine. Un très beau 5 à 7 avec conférence d’Olivier Deruelle : Pourquoi les oiseaux migrent-ils ?

Demain, avant-dernier jour, Parc national de l’Île-Bonaventure-et-du-Rocher-Percé. Après avoir fait le tour du rocher Percé et de l’île Bonaventure, où nichent de très grosses colonies de Mouettes tridactyles, Guillemots marmettes, Petits Pingouins et autres alcidés, en descendant du bateau un petit oiseau très actif attire notre attention : un Moucherolle à ventre jaune. Nous empruntons le chemin principal pour atteindre la colonie de Fous de Bassan, ± 10 000 sont déjà arrivés. Quelques pygargues se laissent emporter par le vent et nous dînons en compagnie des fous. Quelques participants décident de retourner à terre, flâner un peu à Percé tandis que les autres préfèrent faire le tour de l’île et profiter de cette belle marche au gré du vent et des oiseaux qui virevoltent tout autour de nous, pygargues, Fous de Bassan, goélands. Dix-sept espèces de parulines sont vues et entendues ainsi que grimpereau, viréos, roitelets, Bruant fauve, qui ne sont que quelques-unes des espèces croisées au hasard du sentier. Un pur délice !

Vue sur Percé, le rocher et l'île Bonaventure - Photo Myreille Bachand
Vue sur Percé, le rocher et l'île Bonaventure - Photo Myreille Bachand

On se dépêche un peu, car on ne veut pas rater le dernier bateau. En débarquant à Percé, sur les roches à côté du quai, une vingtaine d’Arlequins plongeurs se chauffent au soleil. Quel bel oiseau ! Déjà notre dernier souper, un festin de roi : homard au menu !!!

Arlequins plongeurs - Photo Myreille Bachand
Arlequins plongeurs - Photo Myreille Bachand

Lundi 1er juin ; c’est déjà l’heure du retour et bien à regret nous quittons cet endroit merveilleux.

Je voudrais remercier, en mon nom et celui de Myreille, tous ces bénévoles qui ont fait de ce séjour ornithologique, un séjour inoubliable. En particulier, Lorraine Blais qui en est l’instigatrice et la coordonnatrice et qui, grâce à sa gentillesse, son dévouement et ses petites attentions, ainsi que toute son équipe de bénévoles, en ont fait un parcours sans faute.

Un gros merci aussi, à tous nos moniteurs : Diane Jalbert, Andrée Gagnon, Pierre Fradette, Mathieu Côté et Olivier Deruelle, qui nous ont guidés et fait découvrir ce beau coin de pays qu’est la Gaspésie. Au gré des sorties, un total de 133 espèces ont été vues et entendues par 26 participants bienheureux. Que de souvenirs mémorables !

Et nos applaudissements chaleureux à notre chauffeur qui grâce à sa patience et sa compétence nous mena à bon port.

Un gros merci à toute l’équipe qui (je me répète) a fait de ce séjour, un séjour inoubliable !