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Aloha ! Une petite virée dans l’archipel hawaïen

Hawaii constitue, depuis 1959, le cinquantième état des États-Unis et compte environ 1,4 million d’habitants dont 980 000 sur l’île d’Oahu, ce qui inclut Honolulu, la capitale de l’État, avec ses 340000 habitants. L’archipel comprend 137 îles dont seulement quelque six ou sept principales sont habitées. Les paysages sont magnifiques et même si les îles sont toutes d’origine volcanique, chaque île a sa personnalité et ses particularités. De façon générale, les montagnes d’origine volcanique sont au centre des îles, mais sur l’île d’Oahu elles s’étendent plutôt dans l’axe sud-est–nord-ouest. Les montagnes constituent une barrière pour les dépressions atmosphériques. Ainsi, la partie des montagnes au nord et à l’est sont plus exposées aux vents et à la pluie et subissent une plus grande érosion, ce qui a créé un climat pluvieux et une végétation luxuriante. De l’autre côté des montagnes, on retrouve un climat plus sec et une végétation plus aride. C’est là que sont installées la majorité des infrastructures touristiques comme celles de la magnifique plage de Waikiki à Honolulu, qui est très agréable pour la détente, la baignade et plusieurs autres activités nautiques offertes, telles la voile, la plongée, le surf et le paddle board. Les meilleures plages pour les surfers se trouvent du côté nord comme la plage de Waimea Bay sur l’île d’Oahu, où les vagues peuvent atteindre 15 mètres durant les mois de décembre et janvier. Lors de mon passage, les vagues étaient à moins de deux mètres et n’étaient pas au goût des surfers. Dommage, j’aurais bien aimé les voir à l’œuvre…

Parc national Halaekala à Maui - Photo Myreille Bachand
Parc national Halaekala à Maui - Photo Myreille Bachand

Les gens sont généralement accueillants avec un savoir-faire américain mais une appartenance culturelle nettement marquée à la Polynésie. La musique Hawaian est omniprésente et beaucoup d’emphase a été mise par nos différents guides pour nous faire découvrir les noms hawaïens des choses et les origines polynésiennes des habitants. L’archipel d’Hawaii est le lieu au monde le plus isolé. Il est en effet à plus de 4000 kilomètres de toutes côtes continentales. Même étant un État américain, de par sa situation géographique, il est considéré comme appartenant à la Polynésie. Ses premiers habitants sont venus de plusieurs archipels polynésiens entre les années 500 et 1000, donc il y a plus de mille ans. Ils provenaient entre autres des Marquises, Tonga, Samoa, Tahiti, Nouvelle-Zélande (Maori), Fidji. Seul État américain à compter officiellement une autre langue que l’anglais, la langue hawaïenne est une des deux langues officielles de l’état et est enseignée dans certaines écoles.

Préparation d'un luhau (fête hawaïenne) - Photo Myreille Bachand
Préparation d'un luhau (fête hawaïenne) - Photo Myreille Bachand

Après des visites d’expéditions portugaises et espagnoles au XVe et XVIe siècle, du capitaine Cook qui y est mort en 1779, la colonisation débuta réellement au début du XIXe siècle avec les passages des pêcheurs de baleines et l’arrivée des missionnaires américains. Suivirent les affairistes américains qui, dès l’année 1825, créent les premières plantations de cannes à sucre et de café. Les maladies importées par ces nouveaux arrivants ravagèrent alors les populations indigènes. Les plantations exigeant une main d’œuvre importante, prête à fournir de longues heures pour une maigre paie, on a recourt à des immigrants qui viennent de Chine, puis de Madère et des Açores, du Japon, de Porto Rico, de Corée et des Philippines. En 1900, la moitié de la population était d’origine japonaise. Les plantations de cannes à sucre puis d’ananas ont exigé une déforestation importante car elles ont presqu’entièrement couvert les parties cultivables des îles principales.

Au cours de son évolution, l’isolement d’Hawaii a permis aux espèces végétales et animales natives et indigènes de s’adapter à leur environnement et de perdre toutes défenses, les rendant très vulnérables. On n’y retrouvait que deux espèces de mammifères natives ou indigènes, la Chauve-souris cendrée hawaïenne et le Phoque moine, plusieurs espèces d’oiseaux originaires en majorité du continent américain et qui avaient la capacité d’effectuer de grandes migrations et beaucoup d’espèces végétales dont les semences y ont été transportées au gré des vents. Les insectes n’y étant pas présents, plusieurs espèces d’oiseaux par exemple ont subi des transformations pour s’adapter en particulier aux fleurs et fruits des végétaux. De même, ces derniers se sont adaptés pour faciliter leur pollinisation par ces oiseaux.

Iliau - Sabre d'argent - Photo Myreille Bachand
Iliau - Sabre d'argent - Photo Myreille Bachand
Pluvier fauve - Photo Myreille Bachand
Pluvier fauve - Photo Myreille Bachand

Chaque groupe d’arrivants, à partir des Polynésiens jusqu’aux Asiatiques, Américains et Européens, amène avec lui ou importe des espèces animales ou végétales. Les Polynésiens furent les premiers à arriver avec chiens, chats, coqs, poules et cochons et des espèces végétales comme le taro, le bananier et une dizaine d’autres plantes. Ensuite, les Asiatiques, les Américains et Européens introduisirent d’autres espèces animales comme des chèvres, des cochons, des bovins, des chevaux, des espèces d’oiseaux et des espèces végétales comme des arbres fruitiers. Beaucoup d’animaux introduits s’échappent et retournent à l’état sauvages (animaux férals), et, n’ayant pas de prédateurs, ils proliférèrent. En même temps, des insectes et des moustiques sont introduits. Un cas particulier d’introduction animale, les mangoustes amenées comme prédateurs pour les rats qui infligeaient des dommages aux plantations de cannes à sucre. Pas de chance, la mangouste vit de jour et le rat la nuit ; ils ne se rencontrent à peu près pas. La mangouste se nourrit en particulier d’oiseaux et d’œufs.

Tourterelle tigrine - Photo Myreille Bachand
Tourterelle tigrine - Photo Myreille Bachand

Résultat des courses ? Dans le cas des oiseaux, les pertes d’habitat dues à la culture extensive, les maladies transmises par les moustiques, la prédation en particulier par les mangoustes, la présence d’espèces introduites font qu’une majorité des espèces indigènes vivant en bas de l’altitude de 1 200 mètres ont maintenant subi l’extinction ou sont endémiques. Dans le cas des végétaux, la culture extensive, les espèces végétales envahissantes exotiques, l’abondance d’animaux férals constituent une menace aux espèces natives et indigènes. De la même manière que pour les oiseaux, un grand nombre de ces espèces ont disparu et plusieurs autres sont endémiques. En conséquence, des écosystèmes fragiles de l’archipel d’Hawaii ont tout simplement été détruits ou sont encore menacés.

Depuis un certain nombre d’années, on assiste à la disparition graduelle de la culture de la canne à sucre et la disparition complète de la culture de l’ananas. D’immenses espaces sont maintenant disponibles à d’autres fins. On a tenté des efforts de reboisement mais, dans un premier temps, l’introduction du Falcatara moluccana, une espèce d’arbre originaire d’Afrique, n’a pas été à la hauteur. D’une part, l’espèce exotique est envahissante, nuisant aux espèces natives et indigènes, et d’autre part, elle est mal adaptée au climat car son bois étant trop mou, l’arbre ne résiste pas lors de tempêtes. Le gouvernement a créé plusieurs parcs nationaux dans le but de protéger des parcelles de territoire, il a introduit plusieurs règlements environnementaux et parraine des études environnementales. Également des initiatives locales et privées ont aussi vu le jour pour contribuer à l’effort d’amélioration des écosystèmes. Après ma tournée, il me semble que les moyens sont limités et l’ampleur de la tâche immense.

Notes :

Aloha : en langue hawaïenne veut dire bonjour et, en même temps, amour.

Natif : quand on parle d’animaux ou de végétaux, veut dire que l’espèce est présente naturellement sans intervention humaine et qu’elle n’est présente qu’à cet endroit

Indigène: La différence avec natif est que l’espèce peut aussi être présente ailleurs.

Liste des oiseaux observés :

  • Canard colvert
  • C. colvert x C. des Hawaï
  • Francolin gris
  • Coq (et poule) bankiva
  • Faisan leucomèle,
  • Phaéton à bec jaune
  • Héron garde-bœufs
  • Foulque des Hawaï
  • Pluvier fauve
  • Gygis blanche
  • Pigeon biset
  • Tourterelle tigrine
  • Géopélie zébrée
  • Perruche à collier
  • Bulbul à ventre rouge
  • Bulbul orphée
  • Zostérops du Japon
  • Shama à croupion blanc
  • Martin triste
  • Paroare huppé
  • Cardinal rouge
  • Amakihi familier
  • Picchion cramoisi
  • Roselin familier
  • Serin du Mozambique
  • Moineau domestique
  • Astrild ondulé
  • Bengali rouge