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Voyage en Tanzanie

Quelle meilleure saison pour visiter la Tanzanie pour l’amateur de la nature que celle de février-mars, où les grandes plaines de ce pays d’Afrique de l’Est sont le théâtre de la migration de quelques millions de mammifères en pleine période des naissances (plus de 300000) ? Acacias épineux en parasols et baobabs, plus que centenaires, en majesté, presque solitaires entourés de forêts arbustives ou désertiques, campent le décor de plaines appelées savanes, sur le sites de calderas volcaniques.

Ces savanes constituent de véritables garde-manger pour herbivores, arrosées par la fin de la saison des pluies.

La migration de mammifères herbivores, dominés en nombre par le million de gnous, buffles, zèbres et une dizaine d’espèces de gazelles, représente un tableau vibrant qui défile sous les yeux admiratifs des photos-safaristes à bord de 4x4 sur des pistes de terre ravinées.

Gazelles dans la savane à acacias et baobabs

Gazelles dans la savane à acacias et baobabs - Photo Gaston Chevalier

La Tanzanie, grand-messe de la biodiversité

Dans les hautes herbes de la savane, se cachent lions en famille, léopards, guépards et servals, indolents le jour, sinon à la sieste : on les découvre et les observe tout à loisir. Clans de hyènes à l’air menaçant et chacals rôdent à l’affut de proies faciles (nouveau-nés fragiles ou adultes vieillis ou blessés, parmi les herbivores) qui risquent un assaut funeste. Éléphants de 2-3 tonnes en troupeau et Rhinocéros noirs, solitaires mastodontes si impressionnants, risquent peu. Idem pour les hippopotames et crocodiles, qui règnent sans conteste dans les points d’eau... Attention à ne pas empiéter sur les territoires !  Nous avons eu droit à un début de charge absolument saisissante de la matriarche des éléphants.

Gros plan d’un jeune guépard au repos

Gros plan d’un jeune guépard au repos - Photo Gaston Chevalier

Les girafes, hautes de 3-4m, sont parmi les plus élégants animaux de la faune africaine et se laissent admirer de près, tout en dégustant les acacias épineux, pendant que des familles très sociales de Babouins olives font de joyeuses scènes dans les mares alors qu’ils se retirent dans les arbres pour la nuit. Un python de 3m en travers de la piste m’a semblé être le seul animal à causer une grande frayeur à notre guide-chauffeur massaï, tout comme la mouche tsé-tsé qui pénétra dans notre habitacle, car la maladie du sommeil, causée par sa piqûre, demeure sans remède. Les fournis, à éviter aussi. Les mangoustes sur leur terrier et les damans, à l’allure de gros rongeurs accrochés aux arbres, nous laissent voir leurs cabrioles de petits mammifères enjoués. Quant aux phacochères, cousins du sanglier, ils gambadent en famille, à l’allure plutôt débonnaire malgré leurs défenses pour le moins proéminentes.

Girafe et son girafon, phacochère à droite et impala en arrière

Girafe et son girafon, phacochère à droite et impala en arrière - Photo Gaston Chevalier

Les cervidés de type gazelle ou antilope en cohortes, n’ont de cesse de nous étonner par la grâce de leur silhouette et panache, et la fluidité de leur course, Gazelles de Grant, Gazelles de Thompson ou impalas et minuscules dik-diks de 40cm, étant les espèces les plus fréquentes. Les cobes à cornes robustes, les élands, les damalisques (à fesses noires), les Bubales roux se laissent distinguer par leur cornes typiques ; chacun broute à sa hauteur et chaque groupe se déplace selon un ordre donné (p. ex. : les mignons dik-diks – grands yeux, grandes oreilles – dégustent les herbes tendres au sol).

Sous un soleil tropical de 30 °C, zèbres éclatants sur fond vert, gnous, buffles et gazelles, par milliers font vibrer le sol et nos cœurs de leurs sabots, dans leur course vers herbe et points d’eau, tout en protégeant de manière stratégique leurs petits de l’attaque des prédateurs, foi de témoins émus ! (N’est-ce pas Sandrine ?)

Une famille de zèbres se repose dans la plaine : le zébron tète sa maman

Une famille de zèbres se repose dans la plaine : le zébron tète sa maman - Photo Gaston Chevalier

La Tanzanie, un paradis des oiseaux

La Tanzanie paradisiaque de la réserve de Ngorongoro, des parcs Serengeti et de Tarangire (environ 150km sur 150 km), jadis célèbres pour les trophées de chasse du «Big 5», est zone protégée depuis 1940, mais ces anciens cratères de la Rift Valley (faille géologique transafricaine), grands comme notre Montérégie, sont aussi des fêtes pour l’amateur d’oiseaux. Biodiversité majuscule tanzanienne, avec un potentiel de 1 100 espèces d’oiseaux, la plupart en grand nombre et parmi les plus gros, souvent si colorés et les plus beaux, selon nos critères bien humains. Beaucoup au sol, donc faciles à découvrir avec l’aide d’un excellent guide-chauffeur massaï comme Erick Saulo (Jambo !) et ses courses folles pour pister tout ce qui bouge et vaut le détour ! De plus, notre co-safariste Stéphane Petit, naturaliste-gardien de parc, de Tournus (France), est très prompt (merci !) à l’identification de tout ce qui porte des ailes. Mais enfin, par où commencer dans cette abondance, où nous avons retenu une courte sélection des plus exotiques sur les quelque 120 espèces observées, la plupart pour la 1e fois.

Par ordre de taille, autruches haute de 2 m et autruchons, marabouts, Cigognes blanches, jabirus, Vautours de Rüppell et autres imposent le respect. Fallait voir trois grands marabouts, en chefs de dépeçage à la caroncule gonflée d’excitation et entourés de différentes espèces de vautours, qui ont donné lieu à de réalistes tableaux de carnage sur cadavre de gnou et zèbre. Le Vautour percnoptère serait parmi les équarisseurs d’os de carcasses. Un couple d’Aigles ravisseurs, comparable à notre Aigle royal, ont fait leur repas d’une cigogne à 3m sous nos yeux. Cœurs sensibles s’abstenir ! Cependant remarquable propreté, sans restes, de la plaine, ce qui serait autrement une cimetière pestilentiel : tout reste est dévoré par les cohortes de charognards-nettoyeurs et de coprophages. 300000 naissances en quelques semaines, dont à peine 40% atteindrait la maturité : quelle immense quantité de matière organique à recycler en peu de temps avec une implacable efficacité !

Marabouts et vautours se disputent une carcasse qui disparaît sous ces charognards

Marabouts et vautours se disputent une carcasse qui disparaît sous ces charognards - Photo Gaston Chevalier

Parmi les autres oiseaux «spectaculaires » de grande taille, la Grue couronnée, magnifique symbole aviaire africain, mon favori !, le très élégant Messager sagittaire, la Cigogne d’Abdim, le Calao à bec rouge, le Héron mélanocéphale, les milliers de Flamants roses sur rive de lac, l’Ouette d’Égypte, en n’oubliant pas le Milan noir, le Grand-duc de Verreaux, qui nous ont tous ravis.

Grues couronnées

Grues couronnées - Photo Gaston Chevalier

De taille moyenne, près du sol, les sandgrouses, tel le Gangas à ventre brun, les francolins, la Pintade de Numidie, l’Outarde à ventre noir et l’Outarde kori, valent le détour.

Plus petits, et aussi «tropicaux exotiques », le Touraco à ventre blanc, le Coucal à sourcils blancs, le Bagadais de Retz et le Choucador superbe ont aussi fait notre joie. Ô évolution quand tu nous tiens ! Nous avons observé le très commun Choucador superbe (ou étourneau métallique) mi-rouille mi-turquoise en couple, combattant un couple de tisserins. Le Barbican d’Arnaud, le Tisserin intermédiaire, le Guêpier noir, le Vanneau armé, nous ont aussi charmés.

Coucal à sourcils blancs

Coucal à sourcils blancs - Photo Gaston Chevalier

Un biologiste sur les traces de Lucy

Enfin, pour un biologiste, ce n’est pas sans émotion que nous avons marché dans la vallée de Odulvai, sur les traces de la célèbre Lucy, notre grand-mère australopithèque à tous, dont le squelette partiel, vieux de 4 millions d’années, a été découvert par les Leaky en 1979.

La Tanzanie, en safari-photo, certes, un sommet édenesque dans la chaîne de de nos voyages d’observation et d’étude.

En plus d’Erick et Stéphane, Sandrine et Marie-Laure… (simba devant !) ont partagé notre joie.

Merci à Karavaniers de Montréal pour l’organisation logistique du voyage.